Doc PaJe ou Pascal Jeanne est Chirurgien-dentiste et écrivain

Doc PaJe prône la prévention des problèmes bucco-dentaires par la nutrition et la vie saine.

Laissons-le s’exprimer…

MON PARCOURS DE CHIRURGIEN DENTISTE:

Je m’appelle Pascal Jeanne, j’ai la soixantaine, je suis chirurgien-dentiste depuis 1976, soit près de 40 ans et pendant ces 40 années, j’ai soigné, soigné, soigné avec la rage au cœur.

Ça s’est passé comme ça :

Au départ, j’ ai toujours été mauvais élève, « peut mieux faire » disaient mes professeurs, au grand désarroi de mes parents.

Sauter une classe car trop en avance, redoubler car pas travailleur :  » jamais personne ne me dit ce que je dois faire… ou alors je fais l’inverse ». Viré du plus grand lycée de Bordeaux, j’ai fait ma terminale dans une « boite à bac » ; sur 60 élèves, deux ont eu le bac ! Je l’ai eu avec mention assez-bien, proche du bien, pour un viré, c’est pas mal. Depuis, pour mon compte, je n’ai cessé de « travailler ».

A ma décharge, j’ai compris des années plus tard que dans toute société animale -et nous en sommes une- il faut des individus de toutes sortes. Des « travailleurs, des professeurs , des découvreurs, des gradés, des petits, des joyeux et des moroses …etc.
C’est le fruit de l’évolution! Chacun a sa place.

Sur le plan personnel, je suis un découvreur solitaire.

Dès que j’ai su marcher, pas plus tôt arrivé à la « propriété » de mes grands parents en Dordogne, je filais dans mes bois, toujours plus loin, plus loin, plus loin. Je me perdais souvent… A 6 ans, on n’est jamais bien loin ! Et toujours seul. J’ai mis le mot propriété entre guillemets car c’est absolument important. Une propriété pour un enfant, n’a pas de limite. Autour ce n’étaient que bois, taillis et étangs, une ferme au loin, le monde était à moi!

Plus tard j’ai été pêcheur, puis chasseur, le plus souvent seul, même dans des chasses réputées conviviales comme la Palombière ( chasse des pigeons migrateurs dans le sud ouest de la France) ou la Tonne ( chasse des canards la nuit ). Je n’ai jamais pu faire partie d’une équipe. Au rugby, j’aurais trouvé le moyen de jouer tout seul !

Venons en à mes études dentaires qui se sont limitées à avoir mes examens sans panache mais en ayant totalisé sans doute le plus grand nombre d’heures de clinique de toute la promo. Mon père et mon grand-père étaient dentistes et j’ai commencé avec eux, même avant de passer mon bac. Les cabinets en ce temps là faisaient corps avec le domicile et je me souviens de mon père me demandant de bien vouloir venir l’aider à tenir l’écarteur ou lui passer les instruments lors d’une intervention délicate. Ma Maman m’attendait derrière la porte avec un verre de rhum, pour recolorer mon faciès livide !

J’ai ensuite, dès la troisième année, intégré le service de stomatologie du centre de lutte contre le cancer, l’institut Bergonié  et me suis mis à arracher des dents saines par centaines, puis à intoxiquer au fluor des patients qui de toutes façons ne se sont que rarement lavé les dents auparavant et maintenant que leur vie était bien compromise… hou là là !

On se battait, par devoir ou bonne conscience, nous étions les conquérants de la science. A vrai dire, dans les sphères médicales, il ne faisait aucun doute qu’en l’an 2000 – nous étions en 1976, le cancer, comme la carie seraient vaincus !

Durant l’hiver 76-77, j’étais en stage au MD Anderson Hospital de HOUSTON, Texas et l’hôpital grandissait à vue d’œil. Ce n’est pas une image : il embauchait 10 médecins par mois, acquérait des building, s’étendait…. comme un cancer ! Tous étaient fiers de ce succès planétaire. Le personnel comme les patients venaient du monde entier. Le travail était la vie des praticiens. La pause déjeuner : pas pour se détendre, on faisait un débriefing des patients vus le matin, et on préparait l’après-midi, et cela chaque jour. Les vacances : 15 j par an maxi et non rémunérées. Les étudiants, devenus des copains, il était impossible de les détourner de leurs études, ne serait-ce que pour un dîner ou un concert. Le travail avant tout ! Sinon c’était la perte des bourses d’étude et le retour dans leurs pays respectifs en ayant dilapidé les ressources de leurs parents.

Que faire ? Donner à boire ou creuser un puits ? Donner à manger ou donner des semences? Réparer un moteur on montrer comment faire ?

Or, on ne montre pas comment ne pas avoir de cancer ou de caries ! On se contente de soigner. Pourquoi ?

La prise de conscience s’est faite 2 ou 3 ans plus tard, à la lecture du bulletin du Conseil National de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes :
« Grand succès du congrès de l’Association Dentaire Française, augmentation du nombre de confrères participants et du nombre d’exposants. 15% de plus par rapport à l’année précédente. Des dizaines de laboratoires nous ont fait l’honneur de participer ainsi que les principaux industriels du secteur… » etc, etc…

La honte dans toute son essence pour moi !

ÉCRIVAIN, VOICI L’ÂME MES LIVRES:

Votre esprit, comme le mien, est programmé pour l’immédiat. C’est la sélection génétique qui s’occupe des modifications de base, des changements structurels. Cela est encore valable pour les espèces sauvages qui nous entourent. Mais nous, humains, avons dépassé la sélection naturelle, nous l’avons même éliminée de notre espèce. Il est bien-sûr hors de question d’y revenir.

Mais nous devrons développer une alternative à cette sélection. Cette alternative sera bien évidemment le fruit de notre intelligence et de notre compréhension.
Cette alternative est l’écologie.

L’écologie intérieure.

L’écologie extérieure à nos corps, est bien connue et se développe, mais l’écologie intérieure reste une inconnue… pas pour longtemps !

J’en serai un des promoteurs!

Alors où est le patient dans tout cela, où êtes-vous, VOUS… Jamais convié bien-sûr et surtout quid de vos sentiments, de vos attentes ? Vous êtes au cœur du système et, ce qui veut dire que tout vient de vous, le thérapeute ne fait qu’aider votre corps. Le médicament vous aide à guérir mais c’est vous qui guérissez.
Par conséquent, la guérison dépend de votre capacité à guérir.

Ce que je veux dire c’est que nous soignons, vite et bien la plupart du temps mais dans ce schéma là, une part de la responsabilité vous revient. Une grande part même car vous demandez à être soigné rapidement, tout en maintenant vos habitudes de vie !

Deux points sont remarquables:

– votre capacité de guérison est certes altérée, mais elle peut être grandement améliorée.

– votre capacité à rester en bonne santé est soumise à rude épreuve comme pour toute l’humanité ou presque. Mais une prise de conscience va se faire… C’est écrit !

Certains diront que ce n’est pas ou plus de la médecine; que le médecin est là pour guérir, pas pour engueuler ses patients qui ont le « droit » de se bousiller la vie tant que cela ne nuit pas aux autres.

« Nous ne sommes pas des animaux ! » diront les uns, « mêlez-vous de ce qui vous regarde, on sombre dans l’ésotérisme mon pauvre ami ! » diront les autres.

Que faisons nous de si différent ? La seule réponse est dans la façon de vivre et donc la façon de se nourrir. Mais cela, ce n’était pas de la médecine il y a 40 ans ! Et ce n’est toujours pas de la Médecine, la grande médecine j’entends.

Aujourd’hui, tout change, tout doit changer, tout va changer !

Pascal Jeanne